L’automne, la nature ralentit. L’énergie pétillante de l’été laisse place aux vents froids, aux feuilles mortes et à la grisaille.
Ce changement de saison bouleverse le corps. En effet, le manque de lumière et les températures plus froides perturbent notre rythme circadien. Notre production de mélatonine change et notre sérotonine chute. Le contraste entre la fraîcheur extérieure et la sécheresse du chauffage place nos systèmes immunitaire et nerveux en état d’alerte. Naturellement, on se replie. On traîne aussi une fatigue saisonnière subtile qui se sent dans nos muscles et nos articulations.
Dans la culture nordique traditionnelle, l’automne n’est pas synonyme d’enfermement et d’inactivité, c’est plutôt la saison du retour aux sources. C’est le moment de se rassembler autour du feu, de se réchauffer dans un sauna et de renforcer notre intérieur, c’est-à-dire notre résilience biologique, avant l’hiver.
J’ai toujours adoré les saunas en automne. À mon chalet dans les Kawarthas, c’est une saison où le lac est parfait. Son eau saisissante me procure toutes les sensations recherchées. De plus, comme les bateaux ont été remisés, les berges sont calmes et désertées après la frénésie de l’été. Je profite du sentiment de solitude. Quand, tout enveloppé de vapeur, je m’assois sur le quai entre deux séances, je me sens immobile et enraciné.
